La fleur que tu m'avais jetée, Dans ma prison m'était restée, Flétrie et sèche, cette fleur Gardait toujours sa douce odeur; Et pendant des heures entières, Sur mes yeux fermant mes paupières De cette odeur je m'enivrais Et dans la nuit je te voyais. Je me prenais à te maudire À te détester, à me dire: Pourquoi faut-il que le destin L'ait mise là sur mon chemin? Puis je m'accusais de blasphème Et je ne sentais en moi-même Qu'un seul désir, un seul espoir, Te revoir, ô Carmen, oui te revoir! … Car tu n'avais eu qu'à paraître, Qu'à jeter un regard sur moi Pour t'emparer de tout mon être, Ô ma Carmen. Et j'étais une chose à toi Carmen, je t'aime!