Music: Claude Debussy
Qu'avez-vous fait? vous allez la tuer...
Je l'ai déjà tué...
Mélisande!
Est-ce vous, grand-père?
Oui, ma fille...
Que veux-tu que je fasse?
Est-il vrai que l'hiver commence?
Pourquoi demandes-tu cela?
C'est qu'il fait froid et qu'il n'y a plus de feuilles...
Tu as froid?
Veux-tu qu'on ferme les fenêtres?
Non...jusqu'à ce que le soleil soit au fond de la mer,
Il descend lentement; alors c'est l'hiver qui commence?
Tu n'aimes pas l'hiver?
Oh! non. J'ai du froid! J'ai si peur des grands froids...
Tu sens-tu mieux?
Oui, oui; je n'ai plus toutes ces inquiétudes.
Veux-tu voir ton enfant?
Quel entant?
Ton enfant.
Ta petite fille...
où est-elle?
Ici...
C'est étrange...je ne peux pas lever les bras pour la prender...
C'est que tu es encore très failble
Je la tiendrai moi-même; regarde...
Elle ne rit pas...
Elle est petite...
Elle va pleurer aussi...
J'ai pitié d'elle...
Qu'y-a-t'il? Qu'est-ce que toutes ces femmes viennent faire ici!
Ce sont les servantes...
Qui est-ce qui les a appelées!
Ce n'est pas moi...
Que venez-vous faire ici?
Personne ne vous a demandées...
Que venez-vous faire ici?
Mais qu'est-ce que c'est donc?
Répondez!
Ne parlez pas trop fort...
Elle va dormir; elle a fermé les yeux...
Ce n'est pas?
Non, non; voyez; elle respire...
Ses yeux sont pleins de larmes.
Maintenant c'est son âme qui pleure...
Pourquoi étend-elle ainsi les bras?
Que veut-elle?
C'est vers l'enfant sans doute.
C'est la lutte de la mère contre...
En ce moment? En ce moment?
Il faut le dire, dites! Dites...
Peut-être...
Tout de suite?
Oh! oh! Il faut que je lui dise...
Mélisande! Mélisande!
Laissez-moi seul!
Laissez-moi seul avec elle!
Non, non, n'approchez pas...
Ne la troublez pas...
Ne lui parlez plus...
Vous ne savez pas ce que c'est que l'âme...
Ce n'est pas ma faute...
Ce n'est pas ma faute!
Attention...Attention...
Il faut parler à voix basse, maintenant.
Il ne faut plus l'inquiéter...
L'âme humaine est très silencieuse...
L'âme humaine aime à s'en aller seule...
Elle souffre si timidement.
Mais la tristesse, Golaud...
Mais la tristes de toute ce que l'on voit...
Qu'y-a-t'il?
Elles ont raison...
Je n'ai rien vu. Etes-vous sûr?
Oui, oui.
Je n'ai rien entendu...
Si vite, si vite...
Elle s'en va sans rien dire...
Ne restez pas ici, Golaud...
Il lui faut le silence, maintenant...
Venez, venez...
C'est terrible, mais ce n'est pas votre faute...
c'était un petit être si tranquille, si timide et si silencieux...
C'était un pauvre petit être mystérieux comme tout le monde...
Elle est là comme si elle était la grande sœur de son enfant...
Venez...
Il ne faut pas que l'enfant reste ici dans cette chambre...
Il faut qu'il vive, maintenant, à sa place
C'est au tour de la pauvre petite