Music: PR/Augustin Charnet Il fait beau à la fenêtre Ce matin, j'suis pas l'plus heureux des hommes, mais j'essaie de l'être J'mélange le café à la clope, le bonheur au mal-être J'entends résonner l'rire de mes potes dans l'silence de mes tocs Le voilà, le tonnerre de ma tête Et l'avenir, dans tout ça ? Il arrivera pas parce que c'est toi qui l'crées C'est toi qui l'dis, c'est toi qui l'fais Et les plus p'tits pas, eux, font les plus gros changements, et ton toi d'enfant, lui, il le sait Et tant qu'c'est pas fini, il peut encore arriver un miracle Pas loin des tableaux tristes, il reste quelques photos d'nous, heureux, dans l'tiroir Et même si t'es comme moi, un peu sans vie, un peu bizarre On mérite de la vivre, cette belle histoire Donc échoue, échoue encore Mais ne sois pas parmi les âmes vides qui ne connaissent ni défaite, ni victoire Et vis comme si demain, c'était plus rien, comme si hier, c'était trop tard Comme si tu v'nais d'croiser l'moment présent dans l'regard Et fais d'ton mieux et ne laisse jamais personne juger la façon qu'tu as d'être toi Parce qu'au moment où tu courais comme un fou vers je-ne-sais-quoi, ils étaient où ? Parce c'est con, mais entre l'rêve et la réalité, y a pas grand-chose, y a l'action, y a l'parcours Entre la tristesse et l'bonheur, y a la mer et entre la vie et la mort, y a l'amour Et papa vient d'perdre sa sœur et m'dit : "Faut y aller, mon grand, faut donner du bonheur comme on peut à ceux qui l'méritent bien" En concert la veille, j'fais sourire du monde, à l'enterrement, le lend'main, j'pleure avec ceux qui héritent rien Deux jours après, j'ai sa p'tite fille dans les mains, donc j'ai plus d'autre choix, j'dois chérir les miens pour protéger les siens Et j'ai voulu rester enfant encore un peu plus longtemps, mais l'destin voulait chanter un autre refrain Et c'matin, j'ai donné à manger aux oiseaux, comme elle me l'avait demandé J'ai lu qu'le deuil, c'est quand l'amour n'a nulle part où aller Et j'l'ai vu s'envoler, tellement loin, là-haut, il pourrait m'manquer Parce que Marcel, c'est pas une fin en soi, c'est comme un héritage Maintenant, c'est fini, le passé m'regarde mieux, mais l'avenir me dévisage J'ai regardé mon téléphone, j'avais aucun message Donc, j'essaie de retrouver son visage dans l'paysage Et cette vie aura toujours l'dernier mot Tu verras au pied du mur à quel point il est haut Mais qu'une fois arrivé au sommet, le monde est beau Et même si on tombe bas, on aura eu les couilles de sauter d'haut Et j'ai voulu compter les promesses sur mes doigts, j'ai fini d'les compter sur les vôtres Les absents aussi, ceux qui sont partis pour les leurs parce qu'ils les préféraient aux nôtres Sans dire au revoir Moi, quand je t'aime, je saute et j'ai vu ce type pleurer dans l'métro Normal, normal de tout lâcher quand c'est trop T'façon on est ni bon, ni mauvais, nous, on est juste l'entre-deux, on est spéciaux Et j'suis trop exigeant avec ceux qu'j'aime le plus Et j'les perds un par un, comme j'l'ai dit, bientôt seul à regarder passer l'bus J'me demande c'est quoi c'monde de fous où plus personne n'a d'cœur, où c'est à celui qui l'aura cassé l'plus Et dans les jours pour lesquels j'ai existé, j'ai beaucoup ri, j'ai beaucoup aimé, p't-être un peu trop J'me suis accroché des fois pour pas grand-chose, mais ça fait les bras, p't-être un peu trop Et j'ai b'soin qu'autour de moi, on rende les choses un peu plus simples Allô, l'amour ? Y a-t-il un ch'min plus beau pour te rejoindre ? Et les sentiments, eux, sont allergiques au soleil Pourquoi un homme ça pleure qu'une fois la lumière éteinte ? Jeudi 15 juin, au même endroit qu'l'année dernière J'me cherche dans les rues d'une ville que j'connais pas Mais j'y retournerai autant d'fois qu'il faut pour qu'un jour, tu m'rendes mon cœur de pierre Parce que, de base, tu m'as dit qu'tu devais l'réparer Entre-temps, j'entends tout l'monde rigoler J'écoute leur vie résonner à l'intérieur de moi, donc j'ai fabriqué un cœur tout bétonné Et ça t'étonnerait d'voir comme il ressemble si bien au vrai Tu sais, c'lui qu'a tous les souvenirs : les images d'la mer, les bruits d'ton sourire Et j'aimerais qu'tu m'voies quand j'cris au ciel et j'donnerais tout c'que j'ai pour te dire Qu'il fait beau dehors, mais qu'à l'intérieur, ça brûle J'espère qu'un jour, j'pourrai enfin avouer que j'suis heureux d'vant la mer Et rien qu'en y pensant, l'âme de mon moi d'enfant s'rallume Et pardon à toutes celles et ceux qu'j'ai déçus Aimé un peu trop ou mal, on f'ra un vœu, tôt ou tard Moi, j'rêve de les retrouver, pas loin d'un bord de mer ou sur un quai d'gare Et l'aimer, ça m'a rendu dingue, mais cette vie n'est fait que pour être vécue par les fous Elle m'a dit : "Moi, tout c'que j'touche, j'bousille tout" J'ai compris exactement c'qu'elle ressentait Et tu m'trouveras dans les espaces de tes battements d'cœur, dans l'silence entre les mots, dans les lieux où on a laissé l'amour et la haine dernière nous Car même après la guerre, j'abandonne personne sur l'chemin, parce que t'es pas qu'une personne Tu es l'amour, tu es la haine, tu es la gravité, tu es rien, tu es tout, tu es ma maison, tu es nous Merci à tous ceux qui ont fait c'que j'suis et c'que j'serai Ceux qui m'ont tout pris, ceux qui m'ont tout donné Merci à tous ceux qui étaient eux Merci Marcel