Carmen, WD 31 / Act 1:"Voyons, brigadier..." - "Tra la la la..." (Zuniga, Don José, Carmen / Carmen, Zuniga, Les Cigarières, Un Soldat, Don José)

Music: Georges Bizet No 9 - Chanson et mélodrame Carmen, au lieu de répondre se met à fredonner. CARMEN:Tra la la la la la la la Coupe-moi, brûle-moi, Je ne te dirai rien, Tra la la la la la la la Je brave tout, le feu, le fer Et le ciel même. ZUNIGA:Ce ne sont pas des chansons que je te demande, c'est une réponse. CARMEN:Tra la la la la la la la Mon secret je le garde et je le garde bien: Tra la la la la la la la J'en aime un autre et meurs en disant que je l'aime. ZUNIGA:Ah! Ah! Nous le prenons sur ce ton-là ... à JOSÉ:Ce qui est sûr, n'est-ce pas, c'est qu'il y eut des coups de couteau, et que c'est elle qui les a donnés . Les soldats écartent les femmes, et les repoussent cette fois tout à fait hors de la scène. Quelques sentinelles continuent à rester en vue gardant les abords de la place. ZUNIGA:à CARMEN:Eh! Eh! Vous avez la main leste décidément. (aux soldats)Trouvez-moi une corde. Moment de silence pendant lequel Carmen se remet à fredonner de la façon la plus impertinente en regardant l'officier. UN SOLDAT:(apportant une corde)Voilà, mon lieutenant. ZUNIGA:à Don JOSÉ:Prenez et attachez-moi ces deux jolies mains. Carmen, sans faire la moindre résistance, tend en souriant ses deux mains à Don José. C'est dommage vraiment, car elle est gentille ... Mais si gentille que vous soyez, vous n'en irez pas moins faire un tour en prison. Vous pourrez y chanter vos chansons de bohémienne. Le porte-clefs vous dira ce qu'il en pense. (Les mains de Carmen sont liées, on la fait asseoir sur un escabeau devant le corps de garde. Elle reste là immobile, les yeux à terre.) Je vais écrire l'ordre. à Don JOSÉ:C'est vous qui la conduirez … Il sort. Un petit moment de silence. CARMEN:Où me conduirez-vous?... JOSÉ:À la prison, ma pauvre enfant ... CARMEN:Hélas! que deviendrai-je? Seigneur officier, ayez pitié de moi ... Vous êtes si gentil ... José ne répond pas, s'éloigne et revient, toujours sous le regard de Carmen. CARMEN:Au fait, je suis bien bonne de me donner la peine de mentir ... Oui, je suis bohémienne, mais tu n'en feras pas moins ce que je te demande ... Tu le feras parce que tu m'aimes… JOSÉ:Moi! CARMEN:Eh! oui, tu m'aimes ... ne me dis pas non, je m'y connais! Tes égards, la facon dont tu me parles. Et cette fleur que tu as gardée. Oh! Tu peux la jeter maintenant ... cela n'y fera rien. Elle est restée assez de temps sur ton coeur; le charme a opéré ... JOSÉ:Ne me parle plus, tu entends, je te défends de me parler… CARMEN:C'est très bien, seigneur officier, c'est très bien. Vous me défendez de parler, je ne parlerai plus .