Daltonien

Lyrics: Alan RIBEIRO Music: Alan RIBEIRO/Sebastien TANT Est-ce que les daltoniens voient ce ciel gris qui me déprime tant J’aime ni ma ville ni ses habitants Je pense que l’accumulation de longs bâtiments N’est pas bonne au développement de notre inspiration et ce, sans raison Au bout du vide faut que je m’active, que je reprenne pied Sinon c’est la chute assurée, j’ai le vertige et pas l’envie de tomber Alors je rame à contre-courant jusqu’à l’épuisement Je risque de toucher le fond comme mon compte courant Je préfère me dire que l’amour est mort plutôt que de recoller les pots Mais je fais la morale aux potos quand ils s’en font un peu trop Je vais pas mieux qu’un autre, je gère la demande avant l’offre Et selon la force des choses je me défaçonne pour devenir un fauve Le réveil sonne mais je l’ignore une fois de plus Mon seul sport quotidien c’est de courir après le bus Et de le louper c’est de coutume, réel coup dur quand t’es crevé Mes pompes bouffent la bordure, mes sales semelles sont décollées Je fais pas les soldes, je m'achète pas de sapes et puis basta j'm'en bats les couilles de l’apparence, je préfère une zap avec les srabs Se taper des barres pour un détail, enrichir ma mémoire de petites perles qu’apporte la fougue de l'âge de ce rap chronophage Je ne peux pas tourner la page de mes années stagnantes J’en ai de bons souvenirs éparpillés aux quatre coins de ma chambre De vieilles photos me rappellent l’ambiance naissante de notre crew Premier concert dans un fast-food, c’était pas fou mais ça défoule Y’avait pas foule, mon rap est loin d’être commercial Je préfère le fond à la forme et c’est pareil pour les femmes Drôle de coïncidence, je pratique mon art juste par amour Et pour l’humour repasse plus tard, j’ai pas la tête à faire le clown C’est vrai que je suis souvent malaisant, j’ai du mal à être sérieux Ça en devient maladif malheureusement je peux pas faire mieux Cela m’est égal, je me soucie peu de votre ressenti Ça en devient triste comme un lendemain de prise d’ecstasy Encore une invitation que je décline La vie n’est pas un film Si je me débine c’est que j’ai l’envie de rester clean au moins une fois ce mois-ci Et mes organes m’en remercient, j’ai plus 16 ans Du mal à suivre ce rythme si entraînant, me laissant lancinant Je laisse un silence gênant quand on me demande comment je vois l’avenir Je prie les anges et songe au sens des chances que je n’ai pas su saisir Je me penche sur nos échanges, c’est vrai que parfois je t’ai menti Mais ton aisance me refroidit, tu es si belle les joues rougies par le froid Dans l’espoir de te revoir j’ai fait l’effort de croire en toi L’esquisse de notre passion naissante n’est qu’à portée de doigts Tous deux perdus dans des jardins publics On dessinait notre utopie au feutre indélébile Nous sommes la preuve que tout s’essouffle, rien est éternel Même pas les neiges qui me berçaient sur le poster de la maternelle Quelle belle époque qu’est l’insouciance de ne pas avoir conscience de la vie Ne pas comprendre que grand Mami n’est pas seulement endormie La joie endolorie tel le coup de soleil après le jour Sans remettre à la foi, histoire de panser ses blessures Voir le poids des années se dessiner sur ses joues Repasser les traits de son moral pour en cacher l’usure On ne construit pas sa vie autour de mille excuses mais dans l'effort Et cela m’épuise de les voir vivre dans la demi-mesure Moi-même j’abuse, je subis mal la pression Et je comble mes insomnies en me posant un tas de questions Est-ce que les daltoniens voient ce ciel gris qui me déprime tant J’aime ni ma ville ni ses habitants Je pense que l’accumulation de longs bâtiments N’est pas bonne au développement de notre inspiration et ce, sans raison