Rapunzel Raiponce

Lyrics: Patrick Jaymes Music: Paul Glaeser Un homme et sa jeune femme n’avaient qu’un seul désir : avoir un enfant, un enfant chéri rien qu’à eux ; mais le temps passait et le bébé se faisait attendre. Souvent la jeune épouse s’asseyait à la fenêtre et rêveuse regardait le jardin voisin pendant des heures. C’était un très beau jardin mais personne n’osait s’y aventurer car il appartenait dit-on à une sorcière. Un jour, la jeune femme eut envie de manger une des belles salades vertes qu’elle apercevait. Son mari pour adoucir sa mélancolie et lui faire plaisir, prit le risque de sauter le mur et d’aller arracher une magnifique laitue. Soudain, au moment de repasser le mur, une horrible vieille femme lui barra le passage. Mort de peur, il bredouilla quelques excuses, mais la sorcière, sournoise et futée, lui proposa un marché.
Je ne suis pas si méchante que l’on croit, emporte tous les légumes que tu désires pour ta tendre épouse… Je te demande en échange de me donner votre premier enfant ! Puis, elle se mit doucement à ricaner entre ses dents jaunes ;
L’autre sachant qu’il y avait peu de risques dans cette affaire puisque aucun bébé ne pointait son petit bout de nez à l’horizon, accepta l’offre de la sorcière.
Mais curieusement, quelques mois plus tard, la femme mit au monde une ravissante petite fille. Le père et la mère supplièrent leur méchante voisine mais en vain… elle emporta le bébé et lui donna le nom de Rapunzel.
L’enfant devint une adorable petite fille belle comme un jour d’été. La sorcière s’en occupait bien sauf sur un point… elle ne lui coupait jamais les cheveux !
Mais voilà que le jour de ses douze ans, elle enferma Rapunzel dans une drôle de tour. Ce donjon de pierre était non seulement très haut, mais n’avait ni porte ni escalier. Seule une petite fenêtre, presque au sommet, permettait de voir au dehors. Quand la vieille femme rendait visite à sa protégée, elle l’appelait depuis le bas de l’édifice. Alors, fait extraordinaire, la jeune fille déroulait sa longue chevelure par la fenêtre et accrochée à sa natte immense, la sorcière s’en servait comme une corde pour grimper. Quelques années plus tard, un prince qui passait par là entendit une voix mélodieuse qui venait du haut de cette étrange tour. Caché derrière les buissons il vit le manège de la vieille femme, les cheveux qui s’écoulaient depuis la fenêtre et surtout la beauté de celle à qui ils appartenaient. Après le départ de la sorcière le prince appela Rapunzel et celle-ci, croyant de nouveau au retour de la mégère, déroula sa longue natte. Elle fut bien surprise de découvrir le visage du prince quand il fut à hauteur de la fenêtre. Ils firent connaissance, chantèrent et finirent par s’embrasser. Le jeune homme venait chaque jour retrouver son amoureuse à la voix mélodieuse et tout se passa bien jusqu’à ce que Rapunzel, dans un moment d’étourderie dise à la sorcière qu’elle était bien plus lourde que le prince quand elle était suspendue à sa natte… Il y eut un scandale terrible à tel point que la tour en eut des fissures ! La colère de la sorcière fut telle qu’elle prit une paire de ciseaux et coupa les magnifiques cheveux de Rapunzel. Puis, comme elle avait des pouvoirs magiques, elle projeta Rapunzel dans un lointain désert où elle se trouva isolée de tout et surtout privée de son gentil prince. Celui-ci, ne se doutant de rien, arriva au pied de la tour, s’accrocha comme d’habitude à la natte, et se mit à grimper. En haut la vieille sorcière tenant dans sa main la natte de cheveux coupés attendait sa vengeance. Quand le prince vit le danger il était trop tard, la sorcière lâcha la natte et le pauvre jeune homme fit une chute terrible. Il se releva péniblement, mais il s’aperçut qu’il n’y voyait plus ! Les épines des buissons lui avaient écorché ses beaux yeux bleus. Alors le cœur serré, rempli d’idées noires comme la nuit qui l’entourait désormais, le prince partit à l’aventure et au hasard tel un chevalier errant.
Bien des années plus tard, le galop de son cheval le conduisit dans le désert où Rapunzel avait été expédiée par magie. De loin le jeune homme tendit l’oreille car une mélodie qu’il connaissait bien montait depuis les dunes de sable. C’était la douce voix de Rapunzel. Il finit par trouver l’endroit où elle était et il se jeta dans ses bras fou de joie. Rapunzel ivre de bonheur elle aussi se mit à pleurer abondamment si bien que ses larmes d’amour coulèrent dans les yeux du prince. Alors, comme par enchantement, il retrouva la vue admirant à nouveau les couleurs du monde sous le soleil, et surtout contemplant désormais pour toujours le doux visage de sa bien-aimée.